Un jour, ma jambe tombera, et je t'appartiendrai. Prisonnière de ton c½ur, je ne serai qu'un objet de désir, parmi tant d'autres. La souffrance ne m'atteindra plus et mon amour pour toi se morfondra dans les ténèbres. Tu me laisseras mourir dans une lueur d'espoir, si infime soit-elle. Les feux de la géhenne m'arracheront à toi. Et je te regarderai, silencieuse, comme hébétée par ce qu'il se passe. Mes yeux se crèveront pour toi, au prix de ne plus pouvoir te regarder. Ma peau fondra, telle un pantin dans un brasier. Tu m'apporteras l'ignorance et la soumission, et je te suivrai. Où tu iras, j'irai. Je serai l'ombre que l'on ne voit pas, que l'on n'entend pas. Et mes cris de désespoir t'appelleront, sans retour ni écho. Tu fermeras à double tour mon c½ur assoiffé d'amour. Et je t'aiderai. Je t'aimerai. Tu me frapperas en plein jour par ta lumière éblouissante, si réfléchissante et aveuglante. Mais je te pardonnerai. Je prendrai ta douleur pour que tes heures soient meilleures. Oui, tes douleurs deviendront miennes à jamais. Je disparaîtrai sous tes pas, s'il le faut. Et même s'il ne le fallait pas, je le ferai. Je ne serai rien pour toi, mais un rien reste un quelque chose. Et dans ces nuits éphémères, tu m'aveugleras encore. Tu battras la mesure, quitte à me détruire. Et je te laisserai faire. Puisque mon c½ur t'appartiendra, je ne pourrai résister, ne pourrai rester. Je resterai blafarde sous tes paroles. Je me laisserai faire, je ne pourrai qu'obéir au son de ta voix si enchanteresse. Le venin que tu craches me sera nocif à tout jamais. Ton emprise sur moi sera plus forte que mes illusions. Et tu me laisseras, comme je me laisse glisser vers le fond.
P.S.: Le texte est de moi. N'y cherchez pas trop se sens...
Photographie: Un extrait du film "Requiem For A Dream".
J'aime ce film à un point, c'est hallucinant.